vendredi 15 octobre 2010

La nuit je mens

Je n'ai plus pitié de moi, j'ai arrêté, et depuis ce jour je vais mieux. Oui, nous allons. Ah oué tu vas là-bas en fait je m'en bats les couilles tu vas te manger j'en reviens mais je ne te le dis pas parce que tu t'en fous aussi? Lol. Quand nous nous disons aurevoir, entre "frères", nous nous souhaitons "bonne chance", avec un sourire en coin, qui veut dire que sans moi tu es mort, et que sans toi je suis mort. Et mon sourire représente notre rapport fantasmé à la mort. Dont on se fout ensemble, delusional.

samedi 9 octobre 2010

The penitentiary is on fire
and the inmate's running the asylum
but he's running slow.

vendredi 8 octobre 2010

Neun und neunzig luftballons

Ignorants en vessies et en lanternes, confondus avec des rognons et des LEDs, j'en profite pour affûter, à 15° sur le fusil, mon profil en biseau, pour trancher à coups précis dans le bout de gras, celui qu'on taille à la taille (ô verve drue des barbes roussies aux bivouacs) des demi-déesses qui valent une pinte à deux.
On le dira au microphone qu'il fut, tour à tour, et survolant ses antécédents (caca- pipi, papa-maman, quel ennui): homme, et chien de pleines lunes.
Oyez, gentes, puisque gens fuyates comme queues entrejambées. Oyez l'oraison d'un homme.
Tout commença par la danse, bien avant le Verbe. Bien avant la dialectique il y eut la syncope, et bien avant la syncope il y eut l'eurodance.
Au quart-d'ère de fonte des glaciers ancillaires succcédèrent les temps anciens de Glen Medeiros, les premières amphores qu'on tenait par les anses. Et puis les premières tasses qui finirent en P. Quelques manuscrits subsistent au fond des tiroirs, parfumés de bouteilles entières de "Démon", qui continuent de nous dire : "Je t'aimerais (sic) toujours" un soir de 1999.

Prana Bindu.

Mon tablier, maculé du sang vaincu d'un chocolat en pistoles, que j'ai battu jusqu'à la mousse, drape des reflets d'écran de télévision (je suis dans la cour, et je regarde TF1 par la fenêtre des habitants du rez-de-chaussée, peintres/sculpteurs/mon cul lol) mon corps tout en peau et en os, tête levée. Je fume. Je suis, dans toute ma gloire, un commis de cuisine qui prend sa pause. Escoffier fumait-il? Escoffier est-il de droite?
[Insérer ici le regard qui s'échappe vers le ciel couché sur les 5 étages réglementaires de Paris, une musique exotique -pero mira como beben los peces en el rio- et quelques évocations d'impasses cinématographiques).

Agua de rosas
Dame de beber ahhh ahhh
Que esta tristeza
Acabe de una vez ahhh ahh
h

jeudi 30 septembre 2010

Frangipanier, tombe en spirales.

La poésie était pour elle le parfum des frangipaniers dans des maisons dans lesquelles je me souviens, moi, de l'odeur de la mort, dont elle ne parlera pas volontiers, elle qui préfère évoquer la chair vive voire vibrante, les courbes des violoncelles: mais moi c'est chair décomposée et couronnes de fleurs et pots d'échappement des visiteurs, selon la cylindrée, et les animaux que j'ai tués moi-même, aussi. Vapeurs d'alcool et de café quand l'heure avance, ivresses et démentis dans l'haleine des hommes, dans les pleurs des femmes, mensonges ou vérités passagères, celles de mon frère niant ses larmes parce qu'il croyait pouvoir/devoir, celles des serments à la galerie...

Je suis le troisième-né, dernier-né, cela veut-il dire qu'on m'a fait pour les enterrer tous? Vous savez, pour combler les trous? Comme je suis malin j'ai adopté des petits frères, et je leur ai imposé mes conditions. Et je suis prêt à enterrer tout le monde, with a little help from my friends.

Es acabo.

Ha?

Message personnel.

On parle et on chante les vilains maris, surtout quand on fait la cour pour le chiffre d'affaire des hôtels payés à l'heure. On chante les salopes quand on tient une tondeuse avec un chewing-gum en guise de capote qui pardonne toutes les conneries passées. "Moi je" tiens ma bière, bien soucieux de mon positionnement, bien attentif à ma place dans l'histoire, et dans le métro, à ma petite vie qui sert de mortier à la grande, celle avec des hautes cloques qui libèrent les villes violées et humiliées mais, hahaha, libérées, celles qui distribuent des "journaux" gratuits tous les matins à l'entrée du réseau souterrain pour la masse d'esclaves vaincus dont je prétends ne pas être encore, surtout quand sur mon trajet deux lambdas argutient sur "Le Parti", quel qu'il soit, et j'ai pitié, bande d'occidentaux sans crises, sans visas, sans coups feux sauf de service, sans déménagements, bande de postiers sans exil, navigateurs à vélos en train de compter leurs kilomètres syndiqués et se sentant bien dans leur effort en raison de la Bettencourt et qui croient comprendre le prolétariat, eux qui se foutent du tiers-monde dont je suis la crème et dont je suis la lie, moi immigré roi là-bas, roi ici, roi partout mais eux, petis joueurs: show me what you got or shut the fuck up, I would pimp your ass if only I was interested in money... Non, en fait ce soir je m'en fous, ou du moins j'essaie, moi ce soir je me soûle. Même les rappeurs connaissent "L'Asssommoir d'Emile Zola", cf AfroJazz dans "Glou Glou Play". Et je suis un rappeur, encore, malgré la maigreur, malgré la légalité, malgré Tom Waits. Des rimes, alors. (Raclement de gorge, scratches du DJ).

Ladies and gents
Grands and cents
Was not meaning to
Define us by the shit we get into
To obtain it
Dat wet mind on a dry planet
Let's make it short I'll say:
Our young lives against an old death
Are a peppermint on a corpse's breath
Bitch you're even feeling alive watching "6 feet under"
Well I'm aware of your every blunder
And I'm aware of myself and aware
of each an every penny I spare

J'ai vieilli, pour sûr. Je traîne ma patte folle dans les couloirs du métro, où je m'endors. Je pisse encore, parfois, où je peux, mais c'est aujourd'hui par fatigue et non plus par défi. La check-list de mes fantasmes à assouvir est , depuis quelques temps déjà, intriquée dans la list des tâches que j'ai oubliées au coup de feu de la semaine dernière

Whenever I'm humming "I swear"