vendredi 29 octobre 2010

Famadihana.

Il y avait des carcasses de zébu pendues à la varangue, du whisky importé caché sous les bidons d'alcool de manioc. Nous étions cinq dans la tente à deux places, serrés aussi chauds que les morts dans la tombe, et nous avons fait la fête assez fort pour les réveiller avant d'aller leur rendre visite, mamangy, raiamandreny, ela tsy nandevenako anao aba... (je viens rendre visite, parents, cela fait longtemps que je ne t'ai pas enterré, père).

J'ai des photos quelque part. Je les ai laissées à leur place, qui n'est pas avec moi. Je n'emporte que moi, souvent, sans y penser. Je suis ce que les gens que j'aime ont légué au monde.

jeudi 28 octobre 2010

Les bourgeois, c'est comme des cochons.

Je rentre tard chaque nuit et marchant sur le même trottoir qui dure une cigarette entre le métro et la porte je pense à mes parents.

Une chanson de ma jeunesse répétait "le temps passe et passe et passe et tellement de choses ont changé". Mais peu de choses ont changé dans la façon de vivre à 30 ans et des poussières (balayées sous le tapis). José a quitté la France à mon âge, études, femme et enfants en poche, pour mourir aux toilettes quatre ans plus tard, emportant avec lui une belle situation, et laissant veuve et enfants.
Quant à moi je reviens en France à l'âge de José, dans la poche de ma femme, pour partir, Dieu sait quand, à l'endroit du monde que nous ne connaissons pas mais où il y aura du travail et des photos qu'on pourrait prendre mais qu'on ne prendra pas. Au pays les garçons de ma promotion veulent avoir des gros ventres pour ressembler à leurs femmes, et peser sur leurs maîtresses et les sièges en skaï aux soirées viande.

Je m'en vais tellement loin que le temps me semble aussi long que le chemin qu'il reste à parcourir. Je ne sais pas pourquoi je vais: mais pourquoi pas? Et puis la Terre est ronde.
(Le ciel est bleu alors je ne peux pas l'atteindre).

Le chemin est-il long ou juste un fossé qui se creuse? Je ne sais pas si j'avance ou si d'anciens amis s'enfoncent, eux qui servaient de repère, pendant que je surnage. Le passé les avale pendant que leurs enfants prennent possession du monde. Toutes les nuits quand je rentre, je pense à mes parents. Et puis j'écrase ma cigarette.

vendredi 22 octobre 2010

C'est vendredi et je suis comme Jésus au temple: en train de virer les marchands, les marchands qui rient parce que la fin est proche mais Jésus ne connaît rien au commerce (ce fils de charpentier, quel métier de gigolos qui refabriquent les faux-meubles des vieilles!) Amen.
Ici Jésus est tellement has-been qu'il ressemble à une discussion sur la peinture pré-raphaëiite. So passééééé... Tellement passé que les cons ne se rendent m^me pas compte quand ils tendent l'autre joue, que je cueille, moi, comme un fruit mûr: en force sans violence.
Où je me rends compte que je suis assez bien élevé pour ne jamais envisager d'être le premier à partir du travail. Oay, borizano!. Tout en expliquant à celui que je condescends que c'est "professionnel". Que le vélo c'est mal, étant noble, en certaiens confitions gastriques, à expliquer que latexture des cheveux dépend beaucoup de la pilosité du facteur. A faire bouffer de la demi-merde à des "critiques".

Demain menu de merde. Je pourrais aussi bien chier dans la salzfe.
Et à un moment même toi, bitchass, tu seras obligée d'essayer de vendre ton histoire, ton histoire périmée qui pue du cul, ton histoire que tu aurais dû raconter dans un escalier plus indulgent. Mais tu finis là, dans le vide, à raconter ta vie comme une épave, trop tard parce qu'aujourd'hui c'est redevenu comme tous les jours. Aujourd'hui ce n'est plus la fête et tu nous emmerdes. Ferme ta gueule avec ton histoire à la con, pauv'conne, ta maman qui suce bien. On les connaït tes parents, cette bande de putes. On leur doit même de l'argent.

So what?

Le gros cul du chef ne mérite pas de détails. Il paraît que c'est la vie, même quand j'essaie de ne pas la laisser entrer par ma bouche. Peut-être que j'ai accordé trop de crédit au mythe du mâle alpha.

Je n'ai peut-être pas accordé assez de crédit au mythe du mâle alpha. Le mâle alpha n'est que le premier mort parmi les suicidés.

Vous m'excuserez, c'était quand même difficile de ne pas croire cette bande de cons. " Con", comme on dit. Dès aujourd'hui, je les laisse mourir seuls, with a little help from my hands.

samedi 16 octobre 2010

O verve chenue des radoteurs, tu n'es qu'un ancien combattant qui mendie sa cotise. Et comme ça les sales cons se transforment en Santa quand tous les témoins de leurs méfaits sont enfin morts et enterrés. Il faudra bien qu'un jour on interdise la barbe. Il faudra bien qu'un jour je n'aie plus à pardonner. C'est en bonne voie. Nous étions mille et cents et il n'en reste que, je ne sais plus, nous dirons quelques-uns. Ou des moitiés (ceux qui sentaient pas bon).

"Et s'il n'en reste qu'un, je lui souhaite bonne chance".

Il y avait la lumière bleue, les guitares cheap, ne manquaient que deux ou trois uniformes et un "Bonsoir, Chérie". République bananière dans le trou du cul du monde. Je parlais de piazza avant de finir à l'arrière du fourgon comme pour tatouer de vérité toutes mes hâbleries passées, celles d'un bad boy de 50 kilos qui vous parle trois langues, dont deux sur le clitoris, monsieur l'agent, hommages à votre épouse. C'était pas cher payé pour trois heures de sommeil. Mon avocat ne répondait pas, il faut dire que je ne l'avais même pas appelé. Il faut vous dire aussi, Monsieur, que chez ces gens-là on en a bu d'autres. On a vécu comme on ne vit plus, avec panache, pour ne pas dire ganache, et autres sucreries. Ha la la, ma bonne dame, je vous parle d'un temps... Je ne vous dis que ça!

vendredi 15 octobre 2010

La nuit je mens

Je n'ai plus pitié de moi, j'ai arrêté, et depuis ce jour je vais mieux. Oui, nous allons. Ah oué tu vas là-bas en fait je m'en bats les couilles tu vas te manger j'en reviens mais je ne te le dis pas parce que tu t'en fous aussi? Lol. Quand nous nous disons aurevoir, entre "frères", nous nous souhaitons "bonne chance", avec un sourire en coin, qui veut dire que sans moi tu es mort, et que sans toi je suis mort. Et mon sourire représente notre rapport fantasmé à la mort. Dont on se fout ensemble, delusional.