Affichage des articles dont le libellé est Piazza.. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Piazza.. Afficher tous les articles

dimanche 17 juillet 2011

Kiri dans le parking.

J'ouvre la canette "à la demande populaire", comme on dit en politique, comme on dit aux mariages religieux à l'ennui profond: "Tiens, Kiri, j'avais peur qu'on s'ennuie, alors je t'ai apporté des bonbons. Ils sont de la marque Taz'". Euh... Cousin Kiri a un beau costard pour une fois, c'est bien quand il se soumet un minimum aux convenances, il maintient les liens que nous avions établis avec ses parents, ces bons bourgeois. Tonton Kiri a caché sa bouteille sous sa chaise, ça fait médire papa qui répète: "Laissons ce crétin boire, nous, nous savons vendre ce que nous avons. Mes enfants, si vous ne faites pas ce que je dis, vous finirez comme lui: sans foi et sans bénéfices".

Kiri s'en fout, il n'est plus seul aux mariages: il se permet d'y être témoin, et d'inviter ses potes. Sinon il ne vient pas, ou alors il part vite. Regarde distraitement les manoeuvres des amiraux de l'hypocrisie générale. There must be some way outta here, said the joker to the thief. Attribue des notes techniques et des notes artistiques. Kiri se la pète. Mais Kiri assume. Il vous attend dans le parking, sa haine à la main, quand le lubrifiant sèche. Et puis oublie, bof, parce que personne ne vient que des émissaires et des médiateurs, fait chier, il est où Kaddafi en personne? Demain il faudra vivre mais j'ai la flemme de mourir
aujourd'hui. J'ai pas fini mon jeu vidéo...

jeudi 7 avril 2011

Une ligne, un cercle.

Elle craint que je sois tombé dans la coke et un trou de balle. Manque de conversations pédantes pour lui reparler du tir à l'arc zen et des derviches: une ligne, et des cercles. Faute de tir à l'arc, j'ai atteint pour la première fois le zen au bowling. Wesh, trop bien. Exploits narrés en piazza, les girafes à lunettes de la table à côté voudraient croire que je parle du Dude, lol, bouffonne, j'en rien à foutre, comme lui, de nos connivences culturelles. Quand des étrangers m'écoutent je préfère prendre un accent de banlieue et parler de niquer la race à des mères de putes, pardon, à métisser des peuplades. Et quand ça ne suffit pas je maudis le rhâlouf, c'est radical. Qu'importent la vérité, l'histoire et nos vies. A boire. There must be some way outta here, said the joker to the thief. J'ai des amis. Mes amis se jèteraient sous un camion pour moi, me tiendront la main à ma mort, et c'est réciproque. Les autres sont des étrangers, c'est tout.

Et puis les amis se font rares, comme la jeunesse dans ce monde qui vieillit avec moi, ou sans moi. Et je n'ai plus d'amis, peut-être. Alors on danse...

Alors le choix est de donner sa chemise au premier venu. Qu'importe. Nous parlons du beau temps et je me sens humain, humilié, mais quelqu'un sait-il encore l'humilité? Elle n'est pas face aux hommes, elle est face à soi-même. S'humilier d'accepter de vivre, les yeux ouverts précisant la décomposition.

jeudi 17 février 2011

Piazza forever.

Tout le monde est dans la place et tout baigne. Mais pas dans le même jus. Je te dis: "Je resterai toujours cet outsider. Outsider comme on dit:dormir dehors". Mais tu t'en fous. Une jeune femme voilée à genoux sur les Champs fait la manche. Brel bave "Ces gens-là" dans mon casque. Je suis seul une bière à la main et des phrases me viennent toutes seules, attirées comme des charognardes par ma mort dans l'âme, en peine d'une oraison.

Est-on plus beau sur les Champs
Que nu dans la rizière?
50 mille kilomètres pour ça
Pour ces yeux qui peinent à s'ouvrir
Cette vie qui me hante
Comme un futur antérieur
De tout ce qui aurait dû.
Maître à bord désormais je vends cher les prémices au rébus
Anonyme en corbeau camouflé dans la nuit
Lames dans la cuisine se déguisent en repas
La tristesse au grenier attend un meilleur cours
Avec le temps va tout s'en va
Les montagnes vaincues grains de sable
Ont depuis longtemps oublié
Le baroud des engrenages qui restent à inventer
Je vous regarde de haut
Toutes les vies sont à chier
Mais moi je les écris
Je contemple d'en bas
Tibias et péronés, et ostéoporoses

jeudi 6 janvier 2011

Marilou.

Cette ispice di counnasse au fond du trou
Nous faisait bander comme des barreaux d'échelle
Mais tout a un prix quand on paie en monnaie de singe
Et on sèche bien les mouchoirs sur la corde à linge
Qu'étais-je venu chercher loin des télexs
Une fortune aventureuse sur des musiques primitives
Le soleil des sauvages m'éclairait sombre merde
Leurs rires édentés, leurs nez ronds et leurs rites
Sonnaient un peu moins creux qu'au métro parisien
Et j'apposais ma marque sur leurs masques d'esclaves
Comme on pisse à coups de ski sur la neige du jour
Quand elle est apparue. Putain?
Marilou, Marilou, écoute-moi
Voici les perles, les bijoux
De la poésie plus ou moins officielle de mes vingt ans passés
De mes soirées diapositives
Mon coeur parfois blessé mais jamais circoncis
Voudrait comme à l'hôtel
Ou comme chez maman
Dormir nonchalamment à l'ombre de tes seins.
Elle ne s'est pas donné la peine de rire
Et mon orgueil piqué redoubla de pavanes
J'ai dansé comme on danse quand on ne danse pas
En usant du poignet
Sur un carnet de chèques
J'avais la belle vie qui là-bas ne vaut rien
On n'est pas sérieux quand on a 17 boys
Le V de la victoire c'est les doigts dans la prise.

jeudi 30 décembre 2010

Lounge.

Je me suis habillé de savants calculs, encore une fois. Ni trop ceci, ni trop pas-assez-ça. Loin du binaire US de se demander quelle boisson est gay et laquelle ne l'est pas, je pèse les implications respectives d'un cageot de bières ou de quelques sips d'un long drink coloré sur mon image, et la conversation que je devrai maintenir pour flouter ou, au contraire, exagérer cette image, en fonction du potentiel de mon interlocuteur à prendre place dans mon dîner de cons personnel.

J'y arrive encore parfois, à faire bonne figure, à jouer aux marionnettes. Pourtant tous les artistes vous le diront: rien ne vaut le live. Je suis un artiste, et je pars en live. Je suis le clown blanc de cette auguste vie, mais le clown en a ras le cul. Je veux foutre des tartes sans crème dans la gueule de ces enfants, gâtés ou non. Alors je souris à leurs inanités, et je reprends une bière en montrant mes tatouages par inadvertance, tout en parlant de courts-métrages polonais expérimentaux que je suis en train d'inventer. La fille s'en fout, elle veut me raconter son aérobic, l'ennui de ses 10 ans de mariage, et qu'on échange nos numéros de téléphone. Je crois que je suis trop raffiné pour cette vie. Quelle plaie.

La Mala Vida.

Quelques bières sur le comptoir manifestaient la pénibilité du travail. VIP des bas-fonds j'ai ma place réservée au plus pouilleux des trois bars, où je bois, debout, en attendant que mes copines de soûlerie reviennent de leurs passes. Ces filles qui m'ont déjà giflé et griffé un soir où nous avons tous trop bu, où je leur demandais des nouvelles de la scolarité de leurs enfants en répétant méchamment : "On baise?" Mais ce soir elles me protègent des autres filles, comme on protège un ami ou un investissement. Les autres filles me prennent pour un client. Les autres filles essaient de réveiller ce qu'elles croient être de la testostérone, qui n'est chez moi qu'une pulsion de Déluge, la propreté de la désolation. Pour canaliser le Déluge je chantonne "I'll make it rain on you ho's". Faire tomber en pluie fine les nuages dissipés, puisque nous avons tous un ciel, qui se charge en même temps que nos alcoolémies pendant que nous dansons. Soûl comme au premier jour je suis à genoux sur la piste sur des grosses basses nègres. Je ne suis pas un vieux blanc venu cueillir la vraie vie entre les cuisses d'une sauvage longtemps méritée, ha les acquis sociaux, mon colon. Je ne suis pas un jeune provincial qui se croit arrivé en Jamaïque depuis qu'il a son premier 4x4 avec lecteur DVD. Les surnageants de la dernière pluie (de balles). Tous unis par le coupé-décalé. Séparés par le g-funk dans ma tête, le béton, le froid. Je suis né riche. J'ai grandi. Et je danse pour appeler la pluie.

Des haricots, de la graisse et des abats, cuits pendant des heures. Tu ne manges pas, ce n'est pas une surprise. La bouteille de mauvais rhum que je n'arrive pas à boire s'efforce de conjurer ma jeunesse, non pas envolée mais vautrée dans le caniveau. La jeunesse ne s'envole pas, elle se noie dans son vomi. Tu pars te promener dans le parking glauque, peut-être pour trouver dans le silence bienveillant de la lune quelque reste oublié de poésie. Incapable peut-être de voir ce que Bacon ou Kandinsky auraient pu peindre de ce qui se passe sous mes yeux, ce qui sort de ma bouche, qui coule comme ma lèvre inférieure pend, fatiguée. Ces haricots, très colorés (de quartiers bouillis de tomate) que je vomis avant de rentrer. Et puis le Déluge arrive, un peu trop tard, un peu trop connu déjà. Nous n'apprendrons jamais.

mardi 7 décembre 2010

Place publique.

Nous connaissons tous une rime à Janus. Hahaha... Gêné je tente de désamorcer la main d'un petit barbu posée très gentiment à l'arrière de ma ceinture. Il est 6 heures du matin dans un anniversaire où j'étais l'invité d'un invité. Dans cet appartement qui donne sur la place les jolies filles sont parties déjà, mais mon envie de boire, elle, ne veut pas. L'envie de parler encore moins.

Je me suis installé dans la cuisine: on n'y entre qu'à cinq, mais on y entre forcément, posant son stack en 6-max no-limit. Mon hôte personnel m'a indiqué les cachettes à bouteilles, où j'ai calé mon Jack Da. Mon verre dans ma main est le Fleuve Amour, qui se fout de ta gueule sans jamais contenir la même eau. Ma parole est le verbe, non pas premier mais primordial, puisque la première phrase est: "comment tu t'appelles?", mais que la suivante, plus importante, demande: "c'est quoi ton hôtel préféré?" Elle s'appelle Monica, et elle ne sait pas. Je suis soûl, enfin, quand elle est partie. Restent des gens qui me ressemblent. Le prix Nobel de la solitude. Quand je montre les dents c'est un sourire. C'est donc ça, cette expérience qu'on appelle une arme. Même les animaux de mon espèce font des enfants. Ou veulent juste faire semblant, pour se sentir beaux tout nus, on leur a fait croire que c'était possible comme si c'était possible qu'ils soient beaux même habillés par des enseignes bien vendues.

Je marche au soleil et je pense peut-être à un petit barbu que j'aurais dû appeler le grand-schtroumpf mais j'étais trop bourré. Je pense peut-être à la prétendue beauté de la naïveté mais j'ai oublié. Sur une place encore plus grande une bouche de métro m'avale. Je rentre chez moi: home is where I lay my hat. Patchamama sucks me wholly, comme une splendeur engloutie. You, fucking black hole...

samedi 20 novembre 2010

Piazza, fin d'automne.

La piazza, fin d'automne. A la table contigüe un touriste théorise comme à la Sorbonne, devant laquelle passâtes aussi, à propos de jinga et autres notions innées/acquises de remuage de cul, pour les lobes à lécher d'une apprentie socialite, apprêtée pour l'occasion comme une idée de Paris dans ce trou du cul du monde. Car c'est ce soir-là une piazza tropicale, où l'on pisse sur les murs comme dans toutes les fêtes arrosées du monde riche et moins riche uni par le waka waka, en six langues grâce à la colonisation, la coopération allemande pour la formation des guides, les quincailleries karanes, les clips américains et le made in China, en plus des dialectes indigènes. Nous sommes un peuple métissé, accueillant. Je revendique moi-même, à l'occasion, quand je suis d'humeur badine, des racines aériennes, sinon des origines du monde, bitch, et je suis né sans casque. Tu suces?
Passons.

Passons par tous les états d'ébriété
Spring breaks et étés débridés
Les seins têtés qui, entêtés,
Dix ans plus tard crient encore "j'y étais!"

WOW!
Poésie!

les babines retroussées comme les revers de mes jeans courts sur pattes, je ne sais plus si je suis Gandhi, ODB ou Tom Waits, je crois que j'ai encore perdu le fil de mes rôles de décomposition. Je voudrais jeter l'éponge dans les chutes bouillonnantes d'un rift original, mais je me contente de ramasser la note et de commander une nouvelle tournée de 6. A la table contigüe une cellulite parle de son jeune chômage. Connasse de pauvre. I make it rain on you hoes, fap fap fap...

samedi 3 juillet 2010

Quand nous montrons les dents je ne sais plus si je dois le prendre en tant qu'humain ou en tant que chien. J'ai trop bu et le bar ressemble à un tuning show. Un glaçon sur la nuque avant de partir. Ce serait bien. Le soleil de midi me brûle les pieds et me réveille. Il reste une bière dans le frigo. Ok, zveck.

dimanche 27 juin 2010

La piazza estivale. Nous évoquons l'entrée nue dans l'arène, comme une mise en scène du dépouillement. Mais je n'ai jamais vu de piazza et nous parlons plutôt de la surface, comme on le dit mieux en anglais : the outfit. Et après sous les vêtements la peau que j'imaginais nue, en t'écoutant à moitié. Je ne sais pas de quoi d'autre parler. Je pourrais m'étayer d'un prétexte de mot-clé journalier. Je ne parle jamais de littérature, non plus.

La peau nue qu'on déchire à pleines dents pour que la vérité cuise au soleil, c'était ce relent de viande qui berçait mes veillées. Mais la toile crevée des tentes ne fait que rendre le vide au vide. Or le vide, moi j'aurais voulu pouvoir le toucher, je sais, c'est bête. La nuit venue nous nous sommes affairés à combler tes orifices. Çà vaut ce que çà vaut, comme dit madame Michu.